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India
Despite exceptional growth, India still has major social inequalities and the current economic development has not managed to reduce these. At the request of the local organisation JKSMS, MdM’s Midi-Pyrenees regional delegation has been developing a mother and child healthcare project since 2007, supporting primary healthcare in ten shantytowns in Jaipur.
Femmes et enfants dans les bidonvilles
Marie-Pierre Buttigieg, Journal destiné aux donateurs, n°92, septembre 2008
SANTÉ MATERNO-INFANTILE / Favoriser l’accès aux soins des femmes et des enfants des bidonvilles de Jaipur est le but de cette première mission en Inde portée par la délégation Midi-Pyrénées de MdM.
Sous d’immenses piliers de béton longeant la voie ferrée de la gare de Jaïpur, une forme gît sous des couvertures. Un enfant se blottit contre le corps de sa mère mais l’arrivée fracassante d’un train réveille la petite famille. Tiens, une fillette pointe aussi le bout de son nez... Tout autour, c’est l’effervescence d’une ville indienne. Un ballet incessant de véhicules en tout genre, soulevant la poussière et remuant les déchets qui jonchent le sol. Nasila, 20 ans, est bien trop fatiguée aujourd’hui pour aller mendier. Elle va bientôt accoucher d'un troisième enfant alors que le père vient de la quitter. Elle n’a d’autre abri que le bidonville. “ Je ne me sens pas très bien en ce moment. Je ne peux plus aller mendier avec les enfants. J’ai des amis ici qui partagent leur nourriture”, raconte Nasila, le ventre bien rond. “Heureusement, le travailleur social vient souvent me voir. Cela m’aide beaucoup”. Depuis mars 2007, la délégation Midi-Pyrénées de Médecins du Monde a ouvert une mission de santé materno-infantile dans 8 bidonvilles de Jaïpur, en partenariat avec l’association indienne JKSMS.
“Nous travaillons depuis 1983 auprès de ces populations. Nous avons créé des classes avec un enseignant. Mais nous avons constaté d’autres problèmes liés à la santé des enfants et des femmes enceintes. Alors nous avons sollicité MdM”, explique Umesh Sharma, chef de projet JKSMS du programme de santé reproductive. Alors que l’Inde dispose d’une offre de soins importante, elle reste malheureusement inaccessible aux habitants des bidonvilles. “Les structures existent mais les gens ont peur d’y aller. La majorité est illettrée et n’accède pas à l’information. Ce sont des castes dites “inférieures” qui sont rejetées. La situation des femmes est encore pire. Elles travaillent et laissent les enfants seuls la journée, elles s’occupent de toute la famille. Elles passent après tout le monde que ce soit pour la nourriture ou les soins. Près de 90% des accouchements se font à domicile avec une sage femme traditionnelle. La santé n’est pas une priorité et jusqu’à 5 ans, les enfants sont négligés. Il faut avant tout trouver de quoi survivre”, expliquent Maya Laporte et Isabelle Haizelin, les responsables de mission.
UN ENFANT SUR DOUZE MEURT AVANT UN AN
Au Rajasthan, un des Etats les plus pauvres de l’Inde, la mortalité maternelle à l’
accouchement est l’une des plus élevées au monde avec un taux de 5,5 pour mille et un enfant sur 12 meurt avant 1 an. “Nous avons commencé la mission par une enquête auprès des habitants des bidonvilles pour connaître leurs besoins et leurs connaissances du système de santé. Nous avons donc formé 7 travailleurs sociaux indiens via JKSMS, qui interviennent dans les bidonvilles. Le but est de sensibiliser la communauté à la santé, d’améliorer leur connaissance des structures de soins existantes, de motiver les femmes à utiliser ces services. Les travailleurs sociaux les accompagnent vers les hôpitaux et les informent sur les programmes en leur faveur. Ils ont aussi sensibilisé le personnel soignant à la réalité de cette population”, précise Gabriele Krüeger, la coordinatrice MdM à Jaïpur.
Aujourd’hui, les travailleurs sociaux sont régulièrement sollicités par les femmes qui acceptent de prendre le chemin des services de santé. “Je les encourage à y aller. Je les accompagne. Ensemble, nous allons au dispensaire pour la vaccination ou à l’hôpital pour le suivi des grossesses. Cela fonctionne bien mais il y a encore d’autres problèmes comme la toxicomanie et l'alcoolisme dans les bidonvilles”, conclut Guddi Bisht, une des travailleuses sociales de JKSMS.
Comme beaucoup d'habitants des bidonvilles,Varsha, 25 ans, a quitté son village touché par la famine et la sécheresse pour Jaïpur. Mère de 4 enfants, elle est enceinte du 5e.
“ Nous sommes venus à Jaïpur pour trouver du travail. J’aimerais avoir le minimum vital : une maison et de quoi manger. Cela fait 3 ans que nous vivons ici. Ce que nous gagnons nous permet juste de vivre au jour le jour. Je vais bientôt accoucher. L’aide du travailleur social est très bénéfique. Avant, je ne savais pas si les hôpitaux me recevraient. Je ne savais pas où aller, par exemple pour la vaccination des enfants. Maintenant, grâce au travailleur social, je peux accéder aux services de santé. Elle nous donne les informations sur les aides auxquelles on a droit. Dès qu’il y a un problème de santé, je lui en parle. Nous avons maintenant une relation personnelle, elle est là quand j’ai besoin. Je veux accoucher à l’hôpital, cela me rassure de savoir que je peux y aller et que s’il y a un problème, le médecin sera là.”
Marie-Pierre Buttigieg
Journal destiné aux donateurs, n°92, septembre 2008
(Photos : Marie-Pierre Buttigieg)
| Even though India is recognised as an economic power, a large part of its population continues to be excluded from the development process. In the shantytowns of Jaipur, one in 12 children still dies before the age of five. Since 2007, the Midi-Pyrénées delegation has been involved with the most disadvantaged groups in order to improve their access to healthcare, paying particular attention to mother and child health. |
Mother and child healthcare
11 shanty towns in Jaipur, Rajasthan - Long term
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Aalia “It’s the first time that we have been given the chance to improve things in the shantytown. So I volunteered to be trained as a community health worker. Now I can convince other women to take care of their health and that of their family. I’ve seen too many women cry over the loss of a child and I don’t want that to happen again.” |
November 2011
* Source : undp 2010
