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Communiqué de presse
Toujours 700 000 personnes sous tentes à Port au Prince

Toujours 700 000 personnes sous tentes à Port au Prince


Plusieurs mois après le tremblement de terre et au commencement de la saison cyclonique, le moment est crucial pour la reconstruction d’Haïti.

Même si la situation sanitaire reste sous contrôle, les conditions de vie des sinistrés de Port au Prince et de sa région (1,3 million de personnes) restent extrêmement difficiles. « On avance en pire » : pour beaucoup, la situation quotidienne ne s’améliore pas, voire s’aggrave avec l’arrêt des distributions de nourriture.

Les signes tangibles d’une amélioration doivent donc être rapidement apportés par les autorités haïtiennes, avec le soutien promis mais qui tarde à arriver, des Nations Unies et des Etats.


Mobiliser les fonds promis par la communauté internationale pour un système de santé vraiment équitable


A ce jour, seuls quelques centaines de millions de dollars sur les 10 milliards promis ont été effectivement versés par les Etats et les bailleurs : il est grand temps que les promesses soient tenues, il faut aller plus vite.

Les 10 milliards de dollars d'aide promis par la communauté internationale lors de la conférence de New York en mars, doivent permettre de financer et de mettre en œuvre un système de soins plus équitable tant en termes de coût que d’implantation dans les quartiers les plus pauvres et les moins faciles d’accès. Certaines cliniques créées par MdM et d’autres ONG dans le cadre de l’urgence, pourraient ainsi s’inscrire de manière permanente dans une nouvelle offre de santé pour les Haïtiens les plus pauvres.

Suite au séisme, le gouvernement haïtien a décrété la gratuité des soins pour tous pendant 6 mois. Aujourd’hui, la mesure annoncée ne garantit plus que la gratuité des médicaments, jusqu’au mois d’octobre. Le retour à un système payant des actes de soins dans les hôpitaux exclut donc la majorité de la population dont les plus vulnérables, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Pour cette population, la gratuité des soins doit être au moins garantie et devenir une mesure pérenne du système de santé haïtien.


Pas de propagation de maladie contagieuse, quelques cas de malaria et de fièvre typhoïde diagnostiqués et mis sous traitement, la vaccination des enfants et des nourrissons, le repérage et la prise en charge des cas de malnutrition modérée ou sévère : les actions mises en place par les ONG, dont Médecins du Monde, ont permis de limiter les effets de la catastrophe sur la santé.

Elles ont permis aussi à des milliers d’Haïtiens de bénéficier pour la première fois d’un réel accès aux soins. Avant le séisme, plus de 60 % de la population n’avait pas accès aux soins. Aujourd’hui, 5000 consultations médicales gratuites sont effectuées chaque semaine par les équipes MdM dans 10 cliniques sous tente installées dans les quartiers les plus défavorisés. Il reste encore difficile de référencer un malade pour un traitement à l’hôpital et, entre les services des hôpitaux, les transferts sont très compliqués.

Chiffres MDM : 10 cliniques, 123 000 personnes bénéficiaires, près de 112 000 consultations effectuées depuis le début du mois de janvier, dont 20 000 en santé reproductive.


Amélioration des conditions de vie : trop peu, trop lentement

Les conditions de vie des 1,3 million de sinistrés restent pathogènes. Une fois soignées, les personnes retournent vivre sous une tente sans distribution de nourriture et avec un accès difficile à l’eau potable, alors que les pluies sont de plus en plus fréquentes.

Impuissance et frustration pour les équipes soignantes, incompréhension et colère parmi la population : 6 mois après, il n’existe pas de projet d’envergure pour une amélioration des conditions de vie. Les projets de nouveaux camps de relocalisation éloignés de la capitale et inadaptés ont été suspendus, sans que d’autres solutions soient proposées.

Pas ou peu d’information n’est donnée à la population des 400 camps sur un éventuel retour dans les maisons identifiées comme sûres. Un message collectif doit être donné rapidement pour permettre aux personnes qui le peuvent de retourner dans ces habitations. Des abris temporaires plus solides doivent être construits à un rythme plus soutenu. Fin juin, seuls 3 000 abris de ce type étaient construits.


« On ne peut pas oublier » : le traumatisme est toujours là

Sur chacun des 10 sites MdM sont organisés plusieurs fois par semaine des groupes de parole pour adultes, des ateliers pour enfants, des entretiens individuels. « Il y a chaque matin des personnes qui viennent me voir pour des maux imaginaires » déclare le docteur Emanuela « après auscultation ils n’ont rien apparemment mais si on leur pose des questions, ils disent ne pas dormir, ne pas manger, revivre en permanence les 52 secondes du tremblement de terre. Je leur propose de voir le psychologue ou de participer au groupe de parole »

Raconter le tremblement de terre, décrire chaque détail, comment on est sorti vivant, ceux qui ont disparu, l’absence de corps dans bien des cas : pour beaucoup de participants, le groupe de parole est l’occasion de raconter pour la première fois devant des inconnus ce qu’ils ont vécu. C’est plusieurs mois après que le traumatisme s’exprime. Tous disent « On ne peut pas oublier. On peut juste faire que ce soit du passé. » Ils racontent leur souffrance de vivre au quotidien « Je ne suis plus normale. Je ne peux pas, du tout du tout, être comme avant ».

Jouer, dessiner, chanter : depuis le mois d’avril, 6 000 enfants ont participé aux ateliers socio-éducatifs Les dessins sont explicites : une maison détruite de toutes les couleurs et une grande main qui sort des décombres, c’est sa mère morte pendant le séisme que ce petit garçon a représentée. L’atelier pour enfants de MdM se termine par une chanson préventive contre les violences et tous chantent « ne blessez pas la fleur, laissez le papillon, libre dans son bonheur, ne blessez pas l’enfant ».

Après plusieurs mois sous la tente, dans des conditions de promiscuité et d’insécurité très difficiles, les cas de violences et en particulier de violences sexuelles augmentent sur plusieurs des camps où MdM intervient. Les femmes mais aussi les enfants en sont les principales victimes. 6 mois après, le traumatisme est toujours très présent, la population angoissée : la prise en charge psychologique doit continuer au-delà de la phase d’urgence. Ce volet doit être intégré dans le plan de reconstruction du système de santé haïtien.


Point financier

MdM France a collecté 5,8 millions d'euros : dons privés 5,2 millions, subventions publiques 660 000 euros dont 300 000 d'ECHO (Commission Européenne). 3,1 millions d'euros ont été dépensés par Médecins du Monde France sur la première phase d'urgence en 6 mois. L'association présente depuis plus de 20 ans est engagée pour plusieurs années dans la reconstruction de l'accès aux soins en Haïti. Le réseau international de Médecins du Monde a reçu au total 14,1 millions d'euros et dépensé 6 millions. >> Les activités du réseau International en Haïti


6 mois après, reconstruire avec les Haïtiens



Contacts presse :

Annabelle Quénet, Florence Priolet : 01 44 92 14 32-31 / 06 09 17 35 59

infomdm@medecinsdumonde.net

www.medecinsdumonde.org


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Programmes

25/05/2011

- Haïti


Médecins du Monde est présent sur la commune de Port au Prince depuis 1995 et sur le département de la Grande Anse depuis 1989. Suite au tremblement de terre de janvier 2010 et à l’épidémie de choléra débutée en novembre 2010, Notre ONG a renforcé ses activités médicales sur ces deux régions. Avec un taux de mortalité maternelle atteignant 630/100 000 naissances et un taux de mortalité infantile de 87/ 100 000, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans restent le cœur d’action de MdM en Haïti.