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Séismes à Sumatra

INDONESIE – PADANG

16.12.2009

MdM en Indonésie

MdM est présent en Indonésie depuis 1998 sur des programmes d’accès aux soins de santé primaire, de prévention des maladies infectieuses et de contrôle de la malaria.

Dans le même temps, MdM répond de façon récurrente aux nombreuses urgences qui touchent le pays :

  • 2005 – 2006 : Tsunami à Aceh
  • 2006 : Tremblement de terre à Jogjakarta
  • 2007 : Inondation à Jakarta
  • 2007 : Tremblement de terre à Padang (Sumatra)

Les objectifs de la mission sont de :

  • Répondre à la demande de soins et d’accès à la santé pour les personnes exclues du système de santé de droit commun, en situation de précarité et/ou de souffrance psychique et sociale
  • Étudier et expliquer aux personnes leurs droits sociaux et les aider à les faire valoir dans les structures de droit commun
  • Développer les actions mobiles de proximité auprès des personnes les plus exclues afin d’initier et de promouvoir leur démarche de soins (personnes en errance, Rroms, etc.)
  • Agir et témoigner en vue de la suppression de toute discrimination dans l’accès aux soins et à la santé, quelles que soient les conditions de vie, de situation sociale et administrative des personnes
  • Développer le travail en réseau pour une meilleure prise en charge des bénéficiaires

Activités médicales

Par le biais des cliniques mobiles, MdM a traiter les personnes affectées par le tremblement de terre et à rassurer ceux qui développaient des maladies somatiques. Nous avons surveillé également les différentes pathologies afin de prévenir un possible déclenchement d’épidémie.

Enfin, une part importante de notre activité qui a été très appréciée par la population et de montrer que nous étions présents, que ces personnes n’étaient pas oubliés et qu’elles étaient accompagnées par un soutien psychologique.

Nous avons procédé en réalité, sur les 27 jours d’activité, à 4001 consultations réparties sur 53 sessions, soit une moyenne de 75 consultations par jour et par clinique mobile.

Quelques chiffres sur les conséquences du tremblement de terre :

  • Le bilan humain est de 1117 morts, 1214 blessés graves et environ 250 000 familles ont été affectées par la catastrophe naturelle, soit 1 250 000 personnes.
  • Concernant les infrastructures, près de 200 000 habitations ont été endommagées ou détruites, plus de 50% des centres de santé et un peu moins de 85% des postes de maternité n’étaient plus en mesure d’assurer leur mission. De plus, de nombreuses routes ont été coupées ainsi que les réseaux de télécommunication, d’électricité et d’adduction d’eau.
  • Consultations soins de santé primaire par le biais des cliniques mobiles : 4001
  • Consultations santé mentale et support psychologique : 790

Lors de ces consultations, les symptômes et maladies rencontrés étaient principalement des infections des voies respiratoires (22%), des douleurs corporelles (21%), des maladies de peau (9%), de l’hypertension (8%), des problèmes gastriques (7%) ou encore des désordres psychologiques (4%). En dehors de cette activité de consultations, MdM a également supporté 4 puskemas (centres de santé) très endommagés dans la zone où nos cliniques mobiles opéraient.

Fourniture d'abris et de kits d'hygiène

Objectifs :

  • Offrir une certaine sécurité et protection aux familles sans abris, en particulier celles avec des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées et femmes enceintes).
  • Éviter la propagation de maladies liées à l’hygiène.
  • Assurer un certain confort de base aux familles affectées.
  • Permettre aux équipes médicales d’exercer leurs activités en distribuant des tentes de 35m² aux puskesmas détruits.
  • Permettre aux enfants d’assister aux cours en fournissant des tentes de 35m² aux écoles détruites.

Les kits hygiènes étaient composés de détergent, de savon, de brosses à dents, de dentifrice ainsi que d’ustensiles de cuisine.

En chiffres :

  • Au total, environ 2400 familles ont bénéficié de cette distribution
  • Nombre de tentes distribuées (1 tente pour 1 famille) : 750
  • Nombre de plastic sheeting distribués : 1 575
  • Nombre de tentes de 35m² distribuées : 18 (Dont 11 pour des écoles et 7 pour des centres de santé)
  • Nombre de kits hygiènes distribués (1kit pour 1 famille) : 1 500
  • Nombre de couvertures : 80

BUDGET :
Sur environ un mois, l’intervention a coûté 174 072 Euros

Décembre 2009

L’équipe MdM est arrivée deux jours après le séisme, qui a fait un millier de morts et un demi-million de sans-abri. L’urgence est à la reconstruction et au soutien des populations traumatisées.


NOS OBJECTIFS

Intervenir en urgence et posturgence auprès des populations et des structures de santé, suite au séisme qui a touché Padang et sa région, à Sumatra, en Indonésie.

NOS MOYENS

Une équipe médicale composée de deux médecins, trois infirmiers, deux psychologues, un coordinateur médical et deux logisticiens.

NOS ACTIVITÉS

Des cliniques mobiles proposent des soins et une écoute psychologique, pour prendre le relais des centres de santé endommagés. Distribution de tentes et de bâches, pour les personnes sans-abri.


Après deux heures de route dans la jungle, à remonter les flancs escarpés du district de Lima-Koto, l’équipe mobile MdM atteint enfin le village deMarungai, presque entièrement détruit. C’est ici qu’Angela, médecin volontaire, et Ismaël, infirmier, installent leur clinique pour la journée. Au milieu des ruines, deux canapés font office de salle d’attente, sous une bâche tendue entre des colonnes à moitié écroulées. Ce jour-là, Mumbai, 55 ans, vient se faire soigner pour une entorse au pied. Elle s’est blessée six jours plus tôt, pendant le séisme : « Je dînais lorsque la terre a commencé à trembler, se souvient-elle. J’ai eu très peur, alors je me suis précipitée à l’extérieur de la maison. Et je suis tombée. » Elle n’a consulté aucun médecin avant l’arrivée de la clinique mobile : « J’avais mal, je ne pouvais pas me déplacer, alors j’ai attendu. » Comme elle, ils sont nombreux à Marungai, et dans d’autres villages reculés, à n’avoir vu personne depuis la catastrophe. Alors, quand l’équipe médicale s’installe, c’est l’affluence. Pour la plupart d’entre eux, pas de blessure ni de maladie grave. Juste un besoin de se décharger d’un poids qu’ils portent depuis ce fameux jour où la terre a trem- blé si fort. « Ils sont traumatisés, explique Angela, donc ils viennent aussi parce qu’ils ont besoin de parler, de raconter. »


UNE POPULATION TRAUMATISÉE
Médecins du Monde est intervenu de septembre à novembre 2009 au nord de Padang pour apporter des soins suite au séisme
© Dorothée Frenot - 2009

Désormais, trois équipes mobiles couvrent un secteur de cinquante mille habitants environ, au nord-est de Padang, et travaillent avec des psychologues indonésiens. Dans certains villages, 90% des maisons ont été détruites, et la population vit dehors, sans rien, juste avec une tente distribuée par les ONG. « Ils avaient une situation normale, réglée, avec un toit, un travail, et une perspective d’avenir, explique Christian Raggioli, infirmier volontaire, et d’un jour à l’autre, tout s’écroule. Donc forcément c’est un choc, un psychotraumatisme. » Les équipes resteront le temps que les centres de santé endommagés soient de nouveau en état de fonctionner normalement.

Rédaction et photos : Dorothée Frénot

Extrait du Journal des donateurs N°97 - Décembre 2009

VIDEO





BILAN - 15 octobre 2009


On estime a environ à 500 000 le nombre de personnes sans abris à Sumatra suite au séisme.
Zones couvertes par MDM dans le district de Padang Periaman :
-sous-dictrict de Kamung dalam : soutien médical (tentes, médicaments) aux centres de santé
-sous-district de Geringging : soutien médical aux centres de santé
-sous-disctrict de IV koto Aur 2 Malingtang : soutien médical aux centres e santé et aide aux populations touchées

Les équipes MDM couvrent une population d’environ 30000 personnes.

Les moyens mis en place :
- 3 cliniques mobiles opérationnelles, composées chacune d’un médecin, d’un infirmier et d’un psychologue
- distribution de 15 tentes de 5m sur 7 aux centres de santé
- distribution de 1500 tentes ou bâches aux familles touchées par le séisme, ainsi que des kits et des couvertures.

Pathologies :
Dans 60% des cas, les patients affirment souffrir de « douleurs corporelles », en grande partie psychosomatique, conséquence du traumatisme lié au séisme. Pour le reste : diarrhées, rhumes, maladies de peau…




Témoignage de l’équipe - Jeudi 8 octobre
Depuis mardi matin, l’équipe de Médecins du Monde est installée à Pariaman, grande ville au nord de Padang. Ce matin, une équipe est partie sur le terrain pour des évaluations et les premières distributions de tentes. Christian, infirmier et Unita rencontrent d’abord le médecin chef du centre de santé de Batu Basa. Dans cette zone où vivent 25 000 personnes, 80% des habitations ont été touchées par le tremblement de terre, et il y a eu une centaine de morts. « Nous essayons de voir avec le centre de santé de référence comment organiser les soins et les équipes mobiles médicales», explique Christian. « La difficulté, c’est d’aller au bon endroit pour permettre à un maximum de personnes d’accéder au site ». Les équipes médicales doivent répondre à des besoins chroniques et surtout à des psychotraumas post-séisme. « Quand ta maison s’écroule, et que tu n’as plus rien pour vivre, si personne ne vient te voir ni faire un geste de solidarité, psychologiquement c’est difficile.». Pour le binôme, la route se poursuit un peu plus au nord, dans les hauteurs de Batu Basa. La veille, l’équipe avait repéré des zones reculées où certaines familles n’avaient pas encore reçu ni bâches ni de tentes. «Il faut aller en dehors des sentiers battus. Ici, ce sont des femmes qui vivent seules avec des enfants. Elles ont tout perdu.» Depuis le tremblement de terre, ces familles vivent à l’extérieur, ou dans des abris de fortune, fabriqués à la hâte. Les explorations se poursuivent à pied, dans la jungle, le chemin n’étant plus accessible en voiture. Une vingtaine de bâches sont distribuées, de quoi fabriquer un abri provisoire en attendant de pouvoir reconstruire les maisons. Mais cela prendra du temps... Unita raconte : « ces gens travaillent dans les rizières en temps normal. Mais depuis le tremblement de terre, ils n’ont plus d’activité, donc plus de rentrée d’argent. En attendant, ils s’entraident entre voisins ».


Témoignage Tutut
Tutut, médecin indonésien, basée à Jakarta. Tutut a déjà travaillé avec MDM à Jakarta. Elle est arrivée à Padang deux jours après le séisme et a participé aux missions d’évaluation sur le terrain. « Les dégâts sont énormes. C’est une zone très étendue, et il y a plus de 100 000 maisons détruites. La plupart des gens ne peuvent plus y vivre. La population s’attendait à vivre un tremblement de terre car cela arrive souvent. Mais ils sont toujours angoissés, ils ont peur, ils ont l’impression parfois que la terre tremble encore. Je trouve qu’il y a eu cette fois-ci une évolution positive dans la réponse apportée. Les autorités gouvernementales et locales sont assez présentes et ont rapidement réagi sur le terrain. En revanche, rien ne change quant à la prévention. Les gens continuent de construire des maisons de la même façon. Je pense qu’il y a deux raisons à cela : l’éducation et le financement. Ils n’ont pas d’argent pour construire des habitations anti-sismiques. »


Témoignage du médecin chef du centre de santé de Batus Basadu, Dr. Edy Karwono
Son centre de santé est très endommagé et menace de s’écrouler. « Ici nous avons besoin d’urgence de tentes et de moustiquaires. Le gouvernement nous en a promis mais pour l’instant nous n’avons rien reçu. Il y a beaucoup de moustiques et nous avons des bébés parmi nos patients. Lorsque nous avons des patients avec des problèmes graves, nous ne pouvons plus les accueillir parce nos locaux sont inutilisables. Nous devons donc les envoyer à l’hôpital de Pariaman, qui se trouve à une heure de route d’ici. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre pour que le gouvernement reconstruise le centre de santé mais à mon avis, au moins un ou deux ans. D’ici là, nous devrons travailler dans des conditions précaires. »


Témoignage Zas
Zas a 38 ans et cinq enfants, son mari est parti. Elle travaille dans les rizières ou en ramassant des pierres qu’elle revend au kilo. Le jour du séisme, sa maison s’est complètement écroulée. Pendant cinq jours, elle a vécu dans une petite cabane en bois de 2 mètres carrés avec ses enfants. Aujourd’hui, MDM lui a fourni une tente pour s’abriter provisoirement. « Quand il y a eu le tremblement de terre, je travaillais dans une autre maison un peu plus loin. J’ai couru vers ma maison où étaient mes enfants, elle s’est totalement écroulée. L’un de mes enfants s’est blessé à la tête. Aujourd’hui, j’ai encore peur que la terre se remette à trembler, et surtout qu’il y ait des glissements de terrain. Je ne saurais pas comment m’enfuir. Pour l’instant, nous vivons dans une petite cabane que nous avons bricolée, mais ce n’est pas confortable, surtout pour mon bébé. Il a pris froid, il a une bronchite et de la fièvre. Je ne sais pas comment je vais faire pour reconstruire ma maison, car cela coûte cher, et je n’ai pas les moyens de payer les travaux ».


Témoignages de patients de la clinique mobile
Nurbai, 55 ans. Sa maison s’est écroulée. Ils vivent à quatre et maintenant dorment dehors. Elle consulte pour une foulure ou une entorse au pied. « Quand la terre a commencé à trembler, nous étions en train de dîner dans la maison. Je me suis précipitée dehors et c’est comme ça que je me suis fait mal au pied. J’ai encore très peur. Nous dormons en ce moment à la mosquée. Je n’ai pas encore commencé la reconstruction de la maison, car j’attends mes enfants, qui vivent loin : c’est eux qui pourront me donner de l’argent pour les travaux ».
Daminar, 35 ans et cinq enfants. Elle habite à Marungai, un village du sous-district de Limakoto. Sa maison s’est écroulée le jour du séisme. « Mon bébé d’un an a le nez qui coule. Nous dormons tous dehors. Il a sûrement attrapé froid à ce moment là. Et moi, j’ai des maux de tête récurrents », explique-t-elle au médecin de MDM, lors d’une consultation de la clinique mobile.


Portrait : Angela, 28 ans, médecin
Angela a terminé ses études de médecine en 2007. Elle a déjà travaillé pour MDM en Indonésie. Le jour du séisme, quand le bureau de Jakarta l’a appelé pour partir à Padang, elle n’a pas hésité une seconde. « J’ai eu peu de temps pour réfléchir, il fallait être réactif ». C’est la première fois qu’Angela couvre un séisme. Elle a été dans le bain très rapidement. C’est la première de l’équipe à être partie sur le terrain. Dès dimanche, elle a commencé les cliniques mobiles, dans les districts reculés au nord de Padang. « Les gens veulent qu’on leur porte attention. Dès qu’ils apprennent qu’il y a un docteur dans le village, ils se précipitent. Même s’ils ne sont pas toujours malades. Beaucoup d’entre eux sont quand même traumatisés par le séisme. Ils dorment mal la nuit, ils me racontent qu’ils ont le cœur qui s’emballe à la moindre petite frayeur ». Ses patients se présentent aussi souvent avec des rhumes, des maux de gorge, et de tête. Angela l’explique par le fait que depuis le séisme, ils sont obligés de dormir dehors, sous des bâches ou des tentes. Les pluies intermittentes n’arrangent rien à la situation. L’autre problème, aujourd’hui, selon Angela, ce sont les zones reculées, non accessibles par la route. « C’est déjà un désastre pour les maisons le long de la route, alors imaginez le reste », dit-elle. « Les gens vont avoir besoin d’argent pour reconstruire leurs maisons. Pour l’instant, ils bricolent avec ce qu’ils ont ».


Témoignages recueilllis par Dorothée Frenot

Octobre 2009