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Urgence choléra

L'épidémie de choléra qui frappe Haïti depuis la mi-octobre se propage rapidement. La situation s’est aggravée suite au passage de l'ouragan Tomas, le 6 novembre. Selon un dernier bilan officiel, plus de 2 000 décès ont été enregistrés et près de 90 000 personnes hospitalisées.

URGENCE CHOLERA : les actions humanitaires de Médecins du Monde

Dans la Grande Anse

© LAHCENE ABIB

Suite au tremblement de terre, MDMF a géré jusqu’à 10 cliniques, fournissant des soins médicaux gratuits à l’ensemble de la population, des activités psycho-sociales (activités ludéo-éducatives, groupes de paroles, écoutes individuelles et consultations psychologiques) et une prise en charge pluridisciplinaire des victimes de violence. 500 000 consultations en 18 mois su
r 10 centres de santé,  ont été menées par MDMF sur les communes de PAP, sur une population de 2 millions, depuis le tremblement de terre.

Aujourd’hui, avec la fin de la période d’urgence aigue post-tremblement de terre, MdM souhaite soutenir 2 centres de santé et 1  SONUB ( maternités de proximité, Soins Obstétricaux et Néonataux d’urgence de Base), intégrés à la carte sanitaire du ministère de la santé haïtien, permettant à la fois d’améliorer l’accès aux soins des  populations les plus vulnérables et de soutenir la reconstruction du système sanitaire haïtien via un transfert de compétences. Les soins resteront gratuits pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans tandis que les autres usagers devront s’acquitter d’un forfait de 50 gourdes (soit 1 euro).

Alors que la reconstruction des zones touchées par le tremblement de terre semblent aujourd’hui au point mort, MDMF souhaite s’impliquer sur la capitale afin d’apporter un soutien aux populations des quartiers les plus déshérités.

A Port au Prince

Région isolée et sous-médicalisée, le département de la Grande Anse a de plus été touchée de plein fouet par l’épidémie de choléra.

En étroite collaboration avec la direction sanitaire du département, notre ONG soutient aujourd’hui 5 centres de santé via la mise en place de formations et l’approvisionnement en médicaments essentiels et équipements. Ciblant le groupe vulnérable des femmes et des enfants de moins de 5 ans, MDMF y assure la gratuité des soins pour ces populations et soutient également 4 maternités rurales. Prenant en compte les facteurs socio-économiques et les croyances ancrées sur la région, MDMF travaille de plus étroitement avec les matrones au niveau communautaire, ces accoucheuses traditionnelles jouant un rôle primordial tout au long de la grossesse et pendant l’accouchement des femmes. Des séances de sensibilisation et de formation sont ainsi mises en place, notamment sur le dépistage des grossesses à risque et le référencement en milieu institutionnel lors des accouchements avec complications.

MdM assure également la prise en charge de la malnutrition des enfants de moins de 5 ans via le dépistage et la prise en charge des cas de malnutrition aigue sévère, avec ou sans complications.

Enfin, seul acteur médical présent sur le département, MDMF assure la prise en charge du choléra,: au grès des pics, qui dureront encore de 2 à 3 ans selon les épidémiologistes, MDMF gère ainsi 2 centres et 3 unités de prise en charge de choléra. En parallèle, une équipe mobile médicale sillonne le département pour répondre aux alertes et référer les urgences sur l’hôpital départemental. Au total, à ce jour, plus de 8 400 cas de choléra ont été pris en charge dans les structures MDMF sur la Grande Anse.

Aujourd’hui, le projet choléra sur Port au Prince fonctionne uniquement avec du staff national.

UTC (Unité traitement choléra) : centre de santé, clinique mobile ou hôpital ayant mis en place un espace dédié au traitement du choléra - voie orale et réhydratation intraveineuse. Capacité : 2-20 lits. Ouvert pendant 12 heures minimum.

CTC (Centre de traitement choléra) : centre mis en place spécifiquement pour le traitement du choléra - salles séparées dédiées à la réhydratation orale, le traitement par intraveineuse, la période de convalescence - Capacité à traiter les œdèmes pulmonaires. Capacité: 40-300 lits. Ouvert 24h/24, 7j/7.

Réseau international

Les délégations Médecins du Monde Canada, Espagne, France et Suisse mènent des actions humanitaires en Haïti :

  • MdM Canada à Port-au-Prince, à cité Soleil
  • MdM Espagne, MdM Belgique et MdM Suisse à Petit-Goâve, cette première coordonnant l’action sur la région.

Plus d'infos sur le choléra

  • Le choléra est une maladie diarrhéique aiguë, dont on peut mourir en quelques heures en l’absence de traitement.
  • Selon les estimations, il y a chaque année 3 à 5 millions de cas de choléra, avec 100 000 à 120 000 décès.
  • On peut réussir à traiter jusqu’à 80% des cas avec les sels de réhydratation orale.
  • Les mesures de lutte efficaces s’appuient sur la prévention, la préparation et la riposte.
  • L’approvisionnement en eau sûre et l’assainissement sont essentiels pour réduire l’impact du choléra.


TEMOIGNAGES

Antoinisse, 30 ans, 5 enfants
« Ma fille de 4 ans a des diarrhées, j’ai entendu à la radio qu’il y avait un centre de traitement du choléra à Chapi, j’habite dans le quartier de 3BB alors je suis venue ici. Dans mon quartier, il y a souvent des agents de santé qui passent pour informer les gens, dire ce qu’il faut faire pour éviter d’attraper la maladie. »

Francis, employé pour la construction du CTC
« Port-au-Prince n’est plus une ville, c’est un immense bidonville, l’Etat ne fait rien pour changer ça, ou s’il le fait, il le fait mal. Le séisme, les hommes politiques, le choléra, on vit à travers l’enfer.

Dr Ucème, médecin haïtien à la clinique Médecins du Monde de Solino – Port au Prince
« Pour le choléra, des agents de santé font du porte-à-porte pour délivrer les messages de prévention. MdM s’occupe aussi de la décontamination des maison de malades pour protéger leur famille. Mais l’équipement de décontamination fait peur (masque, combinaison), il faut expliquer que ce n’est pas pour se protéger du choléra mais du chlore qui sert à stériliser un lieu potentiellement contaminé. En plus, les familles ont peur du regard de leurs voisins lorsque l’on vient décontaminer leur maison. Il y a beaucoup de stigmatisation autour du choléra, c’est important de prendre le temps d’expliquer. Dans l’UTC-unité de traitement du choléra-, la distance que l’on met avec le patient leur fait mal. Hormis lorsque j’analyse les selles, je préfère faire une consultation sans gants et sans masque, il suffit juste de bien se laver les mains après. »

Franky, responsable haïtien du site du Sanatorium
« Pour construire le centre de traitement du choléra (CTC), il a fallu trouver un terrain assez grand. Quatre tentes sont montées pour l’accueil, l’hospitalisation, la convalescence et la pharmacie, il y aura aussi deux latrines. La structure comprendra 100 lits et est prévue pour rester en place 5 mois. Il a fallu expliquer aux habitants du quartier pourquoi MdM construisait un CTC. Le centre va fonctionner 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, les cas de choléra ne peuvent pas attendre. »

Dr Cornet, médecin haïtienne pour MdM Canada à l’UTC de Chapi, Cité-Soleil
« Ici, on constate que le nombre de patients choléra diminuent, on ne reçoit presque plus de cas sévères. C’est notamment parce que MdM va dans les quartiers pour sensibiliser les gens. En travaillant avec la communauté, on est sûr que le message passe, le feed-back est meilleur. Le choléra est étrange pour nous, c’est important d’informer les gens. »

© LAHCENE ABIB
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© MdM Espagne
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Novembre 2011



Rencontre entre Pierre Salignon, directeur général de l'action humanitaire de Médecins du Monde et France Culture.


Près d’un an après le séisme du 12 janvier dernier, après le passage de l’ouragan Tomas, Haïti se retrouve confronté à une nouvelle catastrophe humanitaire, le choléra. Suite à l’apparition des premiers cas de la maladie, Médecins du Monde se mobilise à Port au Prince, Petit Goâve et Grande Anse.


L'épineuse question humanitaire en Haïti Comment sortir de l'état d'urgence?

A terme, le système de soins doit être pris en charge par le ministère de la santé et les Haïtiens

L'importance de l'aide internationale

L'épidémie de choléra

Un double effet de l'aide humanitaire

Retour sur le séisme de janvier 2010

Les enjeux des élections

La générosité des dons privés après le séisme

La situation de pauvreté

Pour en savoir plus: site de France Culture

Haïti

Presse

  • 28/12/2011 - Haïti, 2 ans après : portrait inachevé

    Il y a deux ans, un séisme dévastateur ravageait Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, et ses environs. On se souvient des images relayées par les média et les réseaux sociaux à travers le monde. Il n’est nullement besoin de revenir sur les destructions et les souffrances accumulées. Sinistres souvenirs.

Presse

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