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| Birmanie, les oubliés du cyclone d'Emmanuelle Triolet, paru sur LExpress.fr le 13 mai 2009. " La junte s'en désintéresse, et rares sont les ONG encore présentes. Un an après Nargis, les villageois du delta de l'Irrawaddy ne comptent plus que sur eux-mêmes pour rebâtir leurs vies dévastées." |
Dans la nuit du 2 au 3 mai 2008 le cyclone Nargis s’abat sur le sud de la Birmanie, faisant plus de 138 300 morts ou disparus (Source: Post Nargis Joint Assessment - juin 2008) et 2,5 millions de sinistrés. 450 000 maisons sont détruites et 350 000 endommagées, soit 95% des maisons des villages du delta de l’Irrawaddy. 600 000 hectares de terres agricoles sont inondés et plus de la moitié des animaux de traits périssent noyés (Source: UNOCHA). Les besoins portent prioritairement sur l’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux abris et aux soins de santé de base. Le passage du cyclone a augmenté les besoins de santé de la population tout en diminuant leur capacité à payer les soins. L’accès aux soins se trouve significativement réduit dans les villages des 11 districts les plus touchés (Source: Post nargis recovery and preparedness plan, UNOCHA). 130 structures de santé sont entièrement détruites par le cyclone et 500 sont sérieusement endommagées.
Dès le lendemain du passage du cyclone, les équipes de Médecins du Monde présentes sur place se mobilisent. Le 5 mai, l’association redéploye ses activités et ouvre son dispensaire de Rangoon pour délivrer les soins de première urgence à la population affectée par le cyclone. Parallèlement, tout le réseau international de MdM se mobilise et l’association envoie en renfort une équipe expérimentée dans la gestion des catastrophes naturelles et 22 tonnes de matériels et de médicaments.
Dans les jours qui suivent, MdM met en place des cliniques mobiles pour atteindre les populations isolées de la grande périphérie de Rangoon et du delta de l’Irrawaddy (Kungyangon, Pyapon, Dedaye et Bogale). Cinq équipes mobiles sont formées et déployées dans les zones affectées afin de rétablir un accès aux soins de santé primaires et à l’eau. Six sages-femmes sont recrutées et reçoivent une formation complémentaire permettant d’assurer un suivi des femmes enceintes lors des consultations mobiles. Les équipes effectuent près de 2 000 consultations par semaine et au total 20 580 personnes seront vues en consultation entre le 15 mai et le 22 août. Une surveillance des risques épidémiologiques (paludisme, choléra) et de la malnutrition des enfants de moins de 5 ans est également assurée. Aucune épidémie n’est déclarée dans les zones couvertes. Plus de 1 600 moustiquaires imprégnées sont distribuées, prioritairement aux femmes enceintes et aux familles dans lesquelles vivent des enfants de moins de 5 ans. Enfin, pour accélérer la réouverture des centres de santé, MdM organise en lien avec les communautés de petits travaux de réhabilitations de certaines structures de santé (peinture, toiture, réparation des latrines...) Si l’aide apportée par MdM parvient aux populations isolées du delta de l’Irrawaddy, il est à noter que dans les premiers jours qui suivent la catastrophe, seules les équipes médicales birmanes sont autorisées à se déployer dans les zones sinistrées, avec une supervision assurée par les équipes expatriées du bureau de Rangoon. Mais dès le mois de juin, l’accès est autorisé pour les équipes expatriées après délivrance d’un visa. Ces visas sont encore aujourd’hui plus faciles à obtenir que pour le reste des déplacements dans le pays.
Mai 2009
Myriam Pomarel, coordinatrice médicale de la mission humanitaire d'urgence, après son retour de six semaines de mission
Octobre 2008
Urgence Cyclone Nargis en Birmanie
| Présent depuis 1995 en Birmanie, Médecins du Monde mène un programme VIH auprès des usagers de drogue et des personnes se prostituant dans le Katchin et la capitale, Rangoon. Sur chacun des deux sites, les équipes MdM regroupent des expatriés et une soixantaine de membres du personnel national, médecins, infirmiers et éducateurs. Dans la nuit du 02 au 03 mai 2008, le passage du cyclone Nargis dans le sud de la Birmanie et sur la capitale Yangon a provoqué d’importants dégâts et un nombre de victimes impressionnant. A ce jour, on estime le nombre de morts et disparus à 133 000, les blessés à 20 000 et le nombre de sinistrés à 2,4 millions de personnes, sans abri, sans ressources, et disposant d’un accès encore limité à l’aide alimentaire, médicale et humanitaire. Yangon et le delta de l’Irrawaddy ont été déclarées zones de catastrophe naturelle. |
Médecins du Monde a renforcé son équipe locale préalablement implantée sur un programme de lutte contre le VIH/Sida par l’envoi de 22 tonnes de fret, de deux véhicules et de personnels expatriés expérimentés dans la gestion des catastrophes naturelles. Malgré de grandes difficultés logistiques et administratives, Médecins du Monde a pu également se déployer en direction du delta de l'Irrawaddy .
Une équipe composée de soignants birmans, désormais seuls autorisés à se déplacer, intervient ainsi depuisquelques jours à Kungyangon, localité de 80.000 personnes. Les principales pathologies sont les diarrhées et les infections respiratoires et cutanées. Depuis son arrivée, MdM distribue abris et matériels de purification d’eau et dispense entre 200 à 300 consultations par jour.
BESOINS IDENTIFIES
Les besoins identifiés sont notamment des soins de santé primaire, l'accès à l’eau potable, les abris, des latrines, de la nourriture. De plus des pathologies endémiques, liées à la catastrophe et au manque d’hygiène apparaissent : infections respiratoires aigues, diarrhées, paludisme, malnutrition, etc. L’urgence absolument prioritaire aujourd’hui est l’accès à l’aide alimentaire et à l’eau pour les populations sinistrées isolées.
NOS ACTIONS EN BIRMANIE
Médecins du Monde s’est mobilisé aux premières heures du passage du cyclone. L’équipe de Yangon s’est mobilisée sur l’urgence dès le lendemain pour évaluer la situation et réaliser des soins de santé primaire en utilisant le stock médical présent sur place. Une opération d’urgence a été déclenchée en renfort dès le 05 mai, qui a abouti à l’arrivée de 2 logisticiens et de fret aérien les 09 et 12 mai. Le mandat confié aux équipes est de rétablir un accès aux soins de santé primaire et un accès à l’eau pour les populations des townships les plus pauvres de la capitale, de sa périphérie et des zones du delta de l’Irrawaddy.
Les activités prévues se déclinent autour des axes suivants :
- Mise en place de structures de soins de santé primaire mobiles : activités de consultation générale, surveillance nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans, soins infirmiers, ...
- Mise à disposition de médicaments essentiels, de matériel médical et de consommables
- Mise à disposition d’eau potable pour les structures de soins et la population
- Activation d’un système de surveillance épidémiologique et mise en œuvre de réponse d’urgence aux épidémies, si nécessaire
Au 30.05.2008, cinq équipes médicales mobiles ont été formées et déployées dans les zones affectées. Les expatriés ne pouvant pas se rendre encore en dehors de Yangon, ces équipes sont composées exclusivement de personnel birman (1 médecin, 1 infirmier, 1 sage-femme, 1 chef d’équipe-logisticien et 1 assistant pharmacien par équipe).
Les équipes de MdM venu en renfort, (expérimentés dans la gestion des catastrophes naturelles) ont réalisé des formations intensives à Yangon à ces équipes nouvellement recrutées (méthodes d’évaluation rapide, recueil épidémiologique, suivi nutritionnel, protocoles thérapeutiques d’urgence et utilisation de médicaments essentiels,…) qui partent ensuite dans les zones préalablement identifiées pour une évaluation-action (mise en place de consultations mobiles simultanément à l’évaluation médicale de la zone) pour la semaine.
Les actions de notre ONG sont menées dans la grande périphérie de Yangon (plusieurs sites), dans le delta de delta de l’Irrawaddy :
- Kunyangon (7 villages),
- Pyapon (6 villages),
- Didaye (7 villages),
- Bogale (début d’activités le 4 juin).
Un total de 768 consultations, dont 18% d’enfants, a été réalisé au cours de la semaine - 1 au 6 juin
RESSOURCES HUMAINES
L’équipe du projet long-terme est présente sur Yangon et compte 6 expatriés et 61 collaborateurs nationaux
L'équipe arrivé en renfort est composée de :
- 2 personnes coordination médicale d’urgence
- 1 sage-femme
- 2 logisticiens
LOGISTIQUE
- 2 fret d'un total de 30 tonnes de matériel, kits médicaux (médicaments de bases, kit catastrophe, traitement du choléra, sérums antitétaniques, antipaludiques, ...), eau et assainissement, tentes, bâches plastiques, générateurs,
- Le matériel est arrivé à bon port lundi 12.05 au matin ; il a pu être déchargé sans encombre et stocké par nos équipes sur place. MdM est la premier ONG qui a réussi à obtenir les autorisations d’atterrissage sur Yangon et apporter une aide significative en matériel médical et non médical.
6 juin 2008
Dr Francoise Sivignon, responsable de la mission en Birmanie
Dépassée par l’ampleur de la catastrophe mais également pressée par ses principaux partenaires économiques asiatiques, la Birmanie a timidement ouvert ses frontières à l’aide internationale. Un mois après le cyclone qui a dévasté le Sud du pays et après les déclarations récentes des autorités birmanes en faveur d’un déploiement sans conditions de l’aide internationale, qu’en est-t-il de cette aide dont dépendent encore des centaines de milliers de personnes ?
Sur le terrain, les conditions sont encore loin d’être remplies pour que l’aide arrive dans des délais rapides et soit utilisée dans des conditions optimales. En effet, les contraintes auxquelles nous faisons face quant à la délivrance de visas humanitaires pour nos expatriés et l’accès aux zones les plus sinistrées restent inchangées.
Cependant, grâce à 5 équipes composées de soignants birmans, Médecins du Monde est largement opérationnel dans la grande périphérie de Rangoon mais aussi dans le delta de l’Irawady à Kungyangon, Dedaye, Pyapon et Bogale. Ces soignants birmans, travaillant pour certains depuis de nombreuses années avec MdM, apportent une aide effective aux plus vulnérables et vont au devant de populations qui n’ont, pour certains, pas reçus le moindre soutien. La mise en place de cliniques mobiles dans les zones affectées permet de subvenir à des besoins médicaux particulièrement en soins de santé primaire mais aussi à des besoins en eau potable et en abris. De plus, notre ONG met en place une surveillance nutritionnelle pour les enfants de moins de 5 ans ainsi qu’un système de surveillance épidémiologique dans des zones où les structures sanitaires ont été détruites et le personnel médical est manquant.
Alors que des jours de souffrance se profilent pour ceux qui sont sans abri et sans moyen de subsister, Médecins du Monde réitère auprès des autorités birmanes sa demande d’un accès facilité aux zones sinistrées et d’une levée des entraves au déploiement encore vital de l’aide humanitaire. L’urgence d’une aide nutritionnelle, en eau potable et en soins médicaux doit être prise en compte et la pression de toute la communauté internationale doit être maintenue afin qu’une nouvelle catastrophe meurtrière ne vienne encore endeuiller ce pays fragile.
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Birmanie 4 Juin 2008
