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8 mars 2010 : ‘‘Maquilas : Bienvenue en zone de non droit"

Enquête sur la santé des ouvrières des usines de textile et d’agroalimentaire du Guatemala


Enquête sur la santé des ouvrières des usines de textile et d’agroalimentaire du Guatemala







Dans les années 1990, les maquiladoras - usines de sous-traitance travaillant pour l’exportation - sont apparues massivement au Guatemala, comme dans toute l’Amérique centrale. Après 36 ans de guerre civile, le retour de la paix, la proximité géographique avec les Etats-Unis, les salaires inférieurs à ceux du Mexique et les avantages fiscaux ont rendu le pays particulièrement attractif pour la sous-traitance de produits industriels et agroalimentaires.


Filiales d'entreprises étrangères ou usines financées par des capitaux étrangers, les maquiladoras (usines de textile) et les usines agroalimentaires utilisent une main d'oeuvre moins chère, peu qualifiée et surexploitée pour la confection de textiles ou le conditionnement de fruits et légumes exportés vers d'autres pays, principalement vers le marché occidental (Etats-Unis et Europe).


Aujourd’hui, 180 maquilas sont répertoriées au Guatemala et le secteur a créé le plus d’emplois au cours des dernières années. En 2002, la Commission de l’Industrie Vestimentaire et Textiles (VESTEX) estimait que 75 000 à 100 000 personnes travaillaient dans les maquilas, dont une grande majorité de femmes.


Si ces usines sont considérées comme des moteurs de développement, les emplois restent précaires et mal rémunérés. Discrimination à l’emploi, conditions de travail dangereuses pour la santé, harcèlement psychologique et sexuel, insultes et violences physiques, licenciements abusifs, horires interminables, non-paiement des heures supplémentaires sont monnaie courante.


A cela s’ajoute les violations des droits des travailleurs et particulièrement du droit à la santé : entraves aux visites médicales, non déclaration à la sécurité sociale, absence quasi totale de services de santé adaptés au sein des usines...


Pourtant les réglementations en matière de droit du travail existent. Les textes de lois et les conventions internationales ratifiées par le Guatemala reconnaissent la non-discrimination à l’embauche, la protection de la santé, l’obligation d'affillier les salariés à la sécurité sociale et la mise à disposition de services de soins. Mais leur dispositions sont systématiquement violées et il n'existe aucune volonté politique pour imposer leur application.


Les travailleuses subissent donc de plein fouet l’exploitation et sont régulièrement menacées de licenciement si elles tentent de défendre leurs droits.


Depuis 2005, Médecins du Monde intervient auprès des femmes travaillant dans les maquilas et les usines agroalimentaires de la région de Chimaltenango, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, sur la route panaméricaine. L’équipe de MdM propose chaque dimanche des consultations gratuites aux ouvrières, organise des journées de consultations médicales au sein même des usines et forme certaines travailleuses à devenir promotrices de santé auprès de leurs collègues.


Entre 2006 et 2009, Médecins du Monde a mené une enquête auprès des ouvrières de 16 usines des départements de Chimaltenango et Sacatepéquez pour mieux connaître leurs conditions de travail, leur état de santé et leurs difficultés d'accès au droit à la santé. Cette enquête a été menée auprès de 589 femmes venues consulter à MdM : 530 femmes travaillant dans des
usines (425 de l’industrie textile et 105 de l’agro-industrie) et 59 promotrices de santé (ouvrières ayant suivi une formation MdM).



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